Facebook Twitter Instagram

Come to your senses Magazine

Un héritage

Le fût, monument celtique

L’Armagnac n’existerait pas si le fût n’avait jamais été inventé. Le fût, c’est cette pièce [1] qui, en Armagnac, peut contenir jusqu’à 420 litres d’eau-de-vie, et échange avec celle-ci, au cours de son vieillissement, certains de ses attributs : arômes, tanins, etc.

Le fût est irremplaçable tant il dépasse la simple fonction de contenant à laquelle on pourrait le cantonner. Nulle autre matière que le bois du fût ne peut se targuer de participer aussi activement à l’élaboration de l’eau-de-vie.

Cette invention, c’est aux Celtes qu’on la doit ! Ce peuple, qui puise ses origines dans les Balkans et sur les bords du Danube, se montrait très habile lorsqu’il s’agissait de manier le fer, la pierre et…le bois. C’est cette maîtrise technique qui faisait d’eux les bateliers les plus experts.

Ils furent les premiers à concevoir des bateaux dont la coque naquit de l’assemblage de plusieurs planches et non pas de la taille d’un seul bloc de bois, après avoir découvert que le bois peut se cintrer – se courber – lorsqu’il est chauffé. Ainsi le fût est-il directement inspiré du savoir-faire mis en œuvre dans la construction des bateaux.

Il s’agit de planches de bois cintrées, les douelles, assemblées et cerclées par des lames d’acier. Cet art difficile, ce montage complexe fut introduit en Gaule par les Celtes au IIème siècle avant J.-C.

Les Gaulois s’en inspirent ensuite et s’en servent principalement pour transporter leurs vins. Le fût est très commode pour ce faire : aussi étanche que les amphores et plus résistant, il est aisé de le faire rouler sans trop s’abîmer le dos. Peu à peu, ils s’imprègnent de ce savoir-faire et imposent le chêne comme principal constituant de ces tonneaux. Bien vite ils constatent – et se réjouissent – des effets gustatifs dus à un vieillissement en fûts.

Quand les contenants en verre – les bouteilles – apparaissent, le fût délaisse sa fonction de contenant dédié au transport des vins, sans toutefois disparaître tant son rôle dans leur élaboration est devenu primordial. L’Armagnac ne fait pas exception et doit, en grande partie, son caractère sophistiqué à la qualité des fûts en chêne de la Gascogne et du Limousin qui servent au vieillissement de ses eaux-de-vie.



Tags :