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Come to your senses Magazine

Les mots de l'Armagnac

Serpentin [ sɛʀpɑ̃tɛ̃ ]

Point de rubans multicolores enroulés en spire qui tapissent le sol d’un carnaval ou autres fêtes ; en Armagnac, le serpentin n’a rien d’un cotillon. C’est un tuyau de cuivre ondoyant dans la partie droite de l’alambic, pièce maîtresse de la distillation.

D’abord, il y a le vin. Déversé en continu dans la colonne gauche de l’alambic, il se déverse de plateau en plateau avant d’être porté à ébullition sous les flammes du foyer. Il en émane alors des vapeurs qui prennent le chemin inverse : elles s’élèvent et barbotent dans le vin qui s’écoule, pour leur emprunter alcool et arômes. Elles affluent ensuite vers la colonne droite de l’alambic, là où se joue le dernier acte. Car si la distillation était une pièce de théâtre, le serpentin en serait l’ultime réplique : itinéraire final avant que l’eau-de-vie ne soit, le serpent de cuivre est le lieu dans lequel les vapeurs d’alcool muent pour renaître eau-de-vie.

Zone de naissance, il est aussi zone de séparation. Pour la première fois, le vin et ses vapeurs ne sont plus en contact direct. Désunis par le cuivre, ils continuent pourtant d’échanger… Plongé dans une grande cuve appelée « chauffe-vin », le serpentin laisse les vapeurs céder de la chaleur au vin, qui les refroidit en échange ; c’est l’effet de condensation. Au fil des zigzags, elles se liquéfient pour jaillir de l’alambic rutilant et remplir le fût de chêne.

S’il ne fallait retenir qu’une chose du serpentin, ce serait donc celle-ci : en son sein, le vin change de costume, se pare d’une robe cristalline et devient eau-de-vie.

Et pour comprendre l'Alambic Armagnacais en 2 minutes chrono : http://bit.ly/2z8zcER 
 


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